Je reviendrai. J`écrirai les chapitres suivants, la fin, et je posterai tout. J`espère y arriver, même s`il faut du temps. Je ne joins plus très bien les deux bouts, autant appuyer sur pause, et que tout soit là quand on pressera sur Play. Oui que tout soit là. & que vous aussi. Merci pour tout, continuez de la sorte, à très vite ♥

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 15:42

Fαisons de notre vie une littérαture.

Fαisons de notre vie une littérαture.



Combien de fois αi-je refαit cette présentαtion en espérαnt vous pondre un texte convenαble sur qui suis-je, comment αis-je αtterrie ici, suis-je de bonne fréquentαtion . ( Hαhα ) .. Pour une possible présentαtion personnelle, les blogs personnels feront l' αffaire . Mαintenαnt αppelez-moi comme vous le souhαitez, étαnt donné que vous êtes ici pour lire ou voir ce qu'il en est de cette fiction .

Mon histoire avec Tokio Hotel est semblable αvec bien d' entre vous, et unique αussi . Ce qui m'α αmené α lα découverte des fictions, les différentes histoires que vous pouviez imαginer, ou bien encore lα fαçon dont elles étαient écrites . A mon tour d' essαyer, de vous fαire pαrt de ce que j' αime, en αlignαnt mes propres mots, en créαnt mα propre αmbiαnce .

J'évolue αu fur et α mesure, et ce grαce à vous . Quαnd je relis les premiers chαpitres , en compαrαisons des derniers, je me rend compte que certaines choses ont chαngé . Vous me donner envie de m'αméliorer de jour en jour , avec vos jolis commentαires . Le début ne donne donc pαs forcément le ton définitif de l`histoire, ou du style d'écriture , je tαcherai d' en prendre compte . Merci pour celα , parce que oui , c' est important pour moi . Ne chαngez rien .


: )


Les personnes prévenues sont dorénαvαnt celles αyαnt mis un commentαire
sur le dernier αrticle, question de fαcilité .


Oh, et oui : je recommence sαns αrrêt la tête de ce blog uh.

Chapitre 27 en ligne
__

# Posté le samedi 14 juillet 2007 16:12

Modifié le mardi 16 septembre 2008 08:01

Chapitre numéro un .

Chapitre numéro un .

Une chose est sûre, notre existence n`apparaît pas sous la forme d`un long chemin rectiligne et continu. Il se trouve bourré de petites départementales qui supplient le ciel de ne surtout pas être parallèles. Bien évidemment. Et c`est ainsi que, pauvres moutons que nous sommes, nous décidons d`entreprendre le long chemin périlleux se trouvant sous nos yeux. Assez surprenant soit-il, nous courons. Certainement pour ne pas en perdre une miette. La vie est beaucoup trop courte, paraît-il. Soit. Nous entamons une course effrénée vers les tas d`idées que nous projetons de mettre en œuvre. Parfois, courant si vite vers l`avant, nous nous octroyons des regards en arrière, nostalgie d`un passé éphémère. Et sans s`en rendre compte, nous cognons contre ce qui stagne à nos pieds, trop occupés à tourner la tête. Nous bousculons le présent, puisqu`il s`agit de la seule chose à laquelle nous ne pensons pas. Tout en prenant soin par la suite de ne plus tourner le regard, nous nous égarons dans nos songes, rêvant infiniment du ne devenir de notre vie. C`est alors qu`innocemment nous empruntons un discret virage, nous menant vers des contrées lointaines et inconnues. De surprises en surprises, c`est ainsi qu`on apprivoise ce nouveau chemin, totalement différent de nos idées premières. On s`accommode, puis on porte attention à la seule chose incapable de nous perdre : la patience.

Ou peut-être le destin .. que sais-je.





Août 2005, Allemagne.

__Je m`appelle Laïs. A l`heure où je vous parle, j`atteindrais mes 16 ans dans quelques mois. Gare de Berlin : c`est l`endroit où je me trouve. Je m`en vais. Je retourne chez moi, en France. Après plus d'un mois passé dans un hôtel assez luxueux. L`Allemagne n`est pas forcément le pays où j`aurais choisi d`y passer mes vacances d`été. Ne cherchez pas, il ne s`agit là que de mes propres préjugés saugrenus. Soit. Ma mère avait hérité, oh joie, d`une réduction sur ce séjour, grâce à son travail d`infirmière. Mais le sujet n`est pas là. Pendant donc un mois et demi, j`ai vécu dans un pays qui m`était totalement indifférent, dans un hôtel, certes joli, mais peuplé de touristes japonais ou chinois, je n`en sais trop rien. Et j`aurais pu passer un mois et demi seule ( hormis mes parents, bien entendu ) à observer le plafond de ma chambre, lecteur collé aux oreilles, et à me faire réprimander pour cause de « non sociabilité envers le monde extérieur ». J`aurais pu ..

__ Une surprise provenant de mes parents a fait que je me suis retrouvée un soir, dans une salle peuplée de jeunes allemandes en délire, devant un groupe qui apparemment, commençait à cartonner là-bas. Je pensais qu`il s`agissait là d`un de ces groupes qui n`allait pas passer l`été. Un batteur aux allures assez classiques, un bassiste aux airs de mâle viril, un guitariste au look de rappeur et un chanteur au style assez unique. Passés mes idéaux de ce qu`était un « vrai » groupe à mes yeux, je me surpris à apprécier leur musique, leurs chansons, puis leurs textes. Ils étaient différents de ce que j`avais pu penser. Une musique au style rock, des paroles percutantes .. Je n`avais pas passé une si mauvaise soirée que cela, finalement. J`avais même dû monter sur scène pour accompagner le chanteur sur un air assez accrocheur. « Shreï » : à force de crier ce mot à chaque refrain, on finit par tilter le titre de la chanson.

__ C`est donc après cette soirée que tout avait commencé. J`avais découvert le lendemain que les quatre membres logeaient dans le même hôtel que moi. Et par un concours de circonstances ( je vous épargne les détails de la bousculade et du malencontreux renversement de jus d`orange sur le guitariste ), je me suis retrouvée à faire la connaissance de Tom, Georg, Bill et Gustav. Et nous nous sommes revu. Une, puis deux, puis des tonnes de fois. En quelques semaines, une complicité était née. Nous passions énormément de temps ensemble, à discuter, à rire de nos blagues de gosses, de nos batailles de nourriture ou autres substances existantes. Mais le temps s`écoule trop vite à mon goût. Après tout ce que j`avais vécu, j`étais arrivée au jour que je redoutais le plus. Celui des adieux. J`avais toujours haï ça. Mon dernier adieu remonte à bien loin. Je n`étais encore qu'une enfant. Une enfant qui avait besoin de « lui ». Mais quand on tourne mal, on finit par en payer les conséquences. Et depuis ce dernier adieu à une personne qui m`était chère, j'ai l`habitude de fuir tous les autres. Un simple mot posé sur la table de chevet de la chambre de Bill était suffisant. Même si je m`étais trouvée ridicule sur le coup, j`avais tout de même osé y mettre mes coordonnées. Aucune conséquence, sinon celle qu`il s`en serve.

__ Et à présent j`étais là. A attendre que mon train entre en gare. Jamais je ne m`étais sentie aussi attristée de devoir quitter les connaissances que j`avais faites pendant ces vacances. Plus qu`un quart d'heure et ce fichu train transformerait mon séjour en un vulgaire souvenir. Des bribes de moments passés, comme on s`y remémore avec nostalgie aux côté de ceux l`ayant vécu également. Cependant, il s`agissait là de pensées que j`allait évoquer seule à partir de maintenant. Sans personne pour sourire avec moi, rire à mes dépends, caresser l`idée d`un prochain séjour aussi inoubliable que celui ci. Foutues vacances, aussi belles soit-elles.
A présent, je devais monter dans le wagon ..


... : Laïs ! Attend !


__ Il était là. A quelques mètres de moi, essoufflé. Celui avec qui je m`étais sentie bien dès le premier jour où son regard profond s`était posé sur moi. Les autres pensaient à une relation assez ambiguë. Pour moi tout était simple quand je me retrouvais avec lui. Bill. Cela me faisait un bien fou de le voir. Même si c`était pour la dernière fois. Tiraillement imperceptible. En y repensant, ma gorge se serra. Et ma voix trembla.


Moi : Je serais toi je rentrerais à l'hôtel avant de me faire harcelé par une horde de fans.


__ Il s`était approché. Et maintenant nous étions là, face à face, à se regarder dans le blanc des yeux.


Bill: Tu croyais que j`allais te laisser partir sans un « au revoir » ? Tom t`a vu t`en aller.
Moi : Tu .. tu étais sous la douche, et la porte était mal fermée alors je ..
Bill: : Alors quoi ? T`as pas pensé que c`était facile de sortir de la salle de bain même en plein milieu d`une douche ?


__ Mon rire se fût crispé. Je savais tout cela. Mais ne pas les revoir avant de partir était sûrement la meilleure solution. La plus lâche aussi. C`était dur. Dur d`essayer de sourire à ce moment précis.


Moi : Promet-moi .. Promet-moi de garder les pieds sur terre. De rester le petit con que tu es même si votre groupe finit par avoir le monde à ses pieds.

__ Peut-être que mes larmes n`auraient pas coulé si il ne m`avait pas prise dans ses bras. Peut-être ..


Bill: : Je te le promets, Laïs. Je te le promets.


__ C`était l`heure. Bill m'embrassa sur le front. Sans réfléchir je lui répondis en l`embrassant à mon tour. Juste au coin des lèvres. Puis je m`éloignai .. de plus en plus, lui murmurant un dernier « adieu » , juste avant d`entrer dans le train .

__ Peut-être allais-je avoir de leurs nouvelles. Peut-être allaient-ils m'oublier. C`était donc à cet instant précis que mes vacances prenaient fin. Et que de nouveaux désirs naissaient.




Une ville.
Un hôtel.
Un concert.
Une rencontre.
Le début d`une histoire.
Une fille.
Quatre garçons.
Une rêveuse.
Un chanteur.
Des rires.
Des discussions.
Des gamineries.
De la joie.
Une française.
Quatre allemands.
Une française.
Quatre souvenirs ..




_

Une petite chose, avant de continuer .

Perdre votre temps de la sorte, ô pauvre rageux ( 8D ) me blase à un point ..
Ceci est une fiction, qui aurait très bien pu ne pas être en rapport avec TokioHotel, alors sérieusement trouver un autre prétexte pour m' emmerder .

De plus, je crois bien qu'à maintenant 18 ans, je ne suis plus apte à ' mouiller ' devant un groupe, n' importe lequel . Mais si en contrepartie, me poster vos commentaires de cassos vous fait bander, continuez ; je prends ça pour un compliment .

: )

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 11:41

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 11:11

Chapitre numéro deux .

Chapitre numéro deux .



Point de vue de Laïs .


Avril 2007, Paris, France.


.. : Ah ! La voilà enfin ! Assied-toi.
Moi : Excusez-moi ! Il y a eu un problème avec le bus.


__Je m`assieds donc. C`était une salle plutôt moyenne. Une salle de réunion des plus classique, avec une grande table ovale et pas mal de chaises autour.
Cela faisait maintenant deux semaines que j`avais commencé mon stage. Mon bac en poche, j`avais tout fait pour qu`on m`accepte, même sans salaire, dans un des grands journaux de la ville. Et il est vrai que sur ce coup là j`avais eu de la chance. Un des magazines les plus célèbres avait retenu ma candidature. Siégeant dans la capitale, j`avais négocié avec mes parents pour loger chez ma tante pendant mes trois mois de stage. Une expérience sans doute très positive, qui ne pouvait qu`appuyer ma motivation d`embrasser une carrière de journaliste.

__Helena, la sous-directrice et accessoirement mon maître de stage, m`aidait beaucoup. Grâce à elle j`étais passé du statut de serveuse de café à celui de « vraie » stagiaire suivant les journalistes et reporters. C`était une grande et jeune femme. La trentaine, les cheveux et les yeux noirs, toujours souriante et d'une grande élégance. Elle avait l`allure d'une femme d`affaire sans pour autant être un tirant auprès de ses employés. La réussite dans toute sa splendeur, si j`ose dire, attirant les hommes – d`affaires ou non -, créant bon nombre d`envieux, également.

__Avec elle, se trouvaient deux autres hommes, la trentaine, plutôt séduisants.


Helena : J`ai une grande nouvelle, miss. Nous sommes en collaboration avec une chaîne de télévision pour un reportage. Pour ce genre de chose, nous nous sommes dit : quoi de mieux qu`une jeune fille de ton âge. Et c`est là que tu entres en scène. Tu as bien travaillé durant tes deux premières semaines de stage et ce que nous t`offrons n`est autre qu`une chance unique pour ta future carrière. Même si tu n`as pas encore fini tes années d`étude, crois-moi, cette expérience ne peut être qu`un tremplin. Suivre pendant un moment des artistes dans leur quotidien ne peut être que très enrichissant. Tu as de la motivation et je veux pouvoir t`offrir cette chance. Ton premier reportage. Même si tu n`es qu'une simple stagiaire, je fonde de grands espoirs sur toi.


__Ces mots m`avaient fait chaud au coeur. Savoir qu`une grande professionnelle avait confiance en moi et aimait ce que je faisais ne pouvait que me rendre complètement satisfaite. D`autant plus que j`aspirait beaucoup de ce stage. Mes études comptaient énormément, en ce moment. Et bien évidemment, pas que pour moi.

Moi : Et bien ! Hum .. Merci ! Merci beaucoup !
Helena : Je suis contente que ça te fasse plaisir. Je te présente Robert Mathys et David Jost


__Robert Mathys. J`avais entendu parler de lui. Il s`agissait du patron d`une grande chaîne de télévision câblée. Quand à l`autre homme ... 0ui son nom me disait quelque chose, et je ne sais pourquoi j`eu une sensation de malaise quand Helena l`avait prononcé. Intuition décadente.
Je compris deux secondes plus tard que j`avais eu raison.


Helena : David Jost est le manager du célèbre groupe Tokio Hotel. Pendant deux mois, tu vas donc avoir l`immense opportunité de les suivre et de les filmer dans leur quotidien. C`est pour cela que nous avons pensé à une jeune fille de leur âge pour ce reportage. Ce sera d`autant plus facile pour toi comme pou eux. De plus il n`y aura pas toute une équipe technique avec toi. Nous allons te prêter une caméra que tu utiliseras quand cela te semblera utile. Les moments les plus intéressants, les plus forts .. 0n compte sur toi pour être efficace. Ensuite, après finalisation, ton travail sera retransmis à la télévision.


__Je n`écoutais qu`à moitié les dernières phrases d`Helena. A vrai dire, j`éprouvais une sensation très étrange. J`avais peur. Une sorte d`angoisse oppressante, apparaissant sans que j`eusse imaginer sa présence à ce moment même. Je regrettais même d`avoir accepté cette « promotion » de stagiaire. Mais c`était une expérience unique et sur ce projet là, tout le monde me faisait confiance. Je ne voulais pas les décevoir. Et puis je ne pouvais de toute manière plus reculer.


Helena : Alors, qu`en penses-tu ?!
Moi : Hum .. Et bien je .. je .. où va se dérouler le séjour ? Et mes parents ?


__Cette fois-ci ce ne fut pas Helena mais David qui répondit.


David : Le séjour va se dérouler principalement en Allemagne, mais il y aura sûrement quelques voyages. Vu que tu n`as pas le permis de conduire, ce sera beaucoup plus simple si tu loges dans le studio des garçons. Et pour les parents, si tu veux je pourrais appuyer le fait que tout ira bien, etc .. Je sais que les parents peuvent s`inquiéter d`avantage en sachant leur enfant à l`étranger. Voilà. 0n se revoit donc dans une semaine. Pour les frais de transport, je te laisse voir ça avec Helena.


__Après les remerciements et les salutations, je me retrouvai seule avec Helena pour les formalités. Mais j`avais la tête ailleurs, obnubilée par un passé et un présent se mélangeant d`une façon surprenante.
Tokio Hotel. Le groupe phénomène. Des millions et des millions de fans dans toute l`Europe. De nombreux prix. Je ne sais combien de disques d`or ou autres. 70 000 places de concert vendues en 24h. Ce groupe avait connu une ascension fulgurante en à peine un an. Il faisait sensation dans de nombreux pays. Et j`allais passer deux mois avec eux. Cela en aurait réjoui plus d`une. Cependant j`étais angoissée à l`idée de les revoir. Cela pouvait paraître stupide, oui. Pourtant c`était le cas. Bill, Tom, Georg, Gustav : mes quatre copains de vacances, si j`ose dire. Cela faisait maintenant deux ans. Tout s`était réellement arrêté au moment où j`avais posé mon pied dans le train. Puis plus rien. Aucune nouvelle. Je sais bien que je n`avais forcé la main à personne, mais de là à me dire que j`importais si peu à leurs yeux .. La digestion avait été amère. Le prix d`un lunatisme dérangeant. Mais cela était passé. Même si je les voyais sans cesse, à la télévision, dans les magazines .. j`avais finit par me dire que je n`étais qu`une connaissance passagère parmi tant d'autres. J`étais tout de même heureuse pour eux, de leur succès fulgurant. Et j`aimais ce qu`ils faisaient. Encore.
J`allais donc passer du temps en leur compagnie. Des tonnes de questions fusionnaient dans ma tête. Allaient-ils me reconnaître ? Qu`allait être leur réaction? Peut être n`avaient-ils pas envie de me revoir ? Après tout, ils ne m`avaient donné aucune nouvelles .. Et lui* ? Qu`allait-il penser ? Est ce qu`il l'avait tenu, cette promesse faite deux ans auparavant ?
J`étais à la recherches de réponses. Tout en sachant que cela serait loin d`être gagné.





_
Braouu ><
Les premiers chapitres d' antan ..

# Posté le jeudi 26 juillet 2007 10:44

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 11:12

Chapitre numéro trois .

Chapitre numéro trois .



Point de vue de Laïs .


__Je pris mes clés pour ouvrir la porte. Il était grand, cet appartement. Moderne. Lumineux. J`étais heureuse que ma tante m`invite à y habiter pendant mes trois mois de stage. Elle seule avait choisi de s`installer dans la capitale, tout le reste de ma famille habitant en campagne, dont mes parents. En entrant dans l`appartement, je fus assez surprise. La musique réglée au maximum, du Georges Michael résonnant dans toute la pièce, elle était là, entrain de sautiller comme une adolescente. Evidemment, je ne pu m'empêcher de rire.


Moi : Et bien tatie, on pète la forme !
Donna : Eh oh ! T`es gentille tu ne m`appelle pas tatie ! Brrr ça fait vieux !
Moi ( rires ) : Mais je sais ! C'est bien pour ça que je te le dis !
Donna ( arrêtant la musique ) : Haan ! Ça fait du bien de se défouler un peu !



__Malgré qu'elle aie la quarantaine, Donna - ma tante - débordait d`énergie et avait gardé l'esprit et le look d`une ado déjantée, dragueuse et insouciante. Nous aurions dit deux copines habitant en collocation.


Donna : Alors dis moi : comment s`est passé ta journée ?
Moi ( m`asseyant sur le canapé ) : 0h ! Disons que c`était assez ... chargé.
Donna : Ils t`ont donné beaucoup de travail ?!
Moi : Non ! C'est juste que j`ai reçu comme une gratification.
Donna : Ah ça y est ! Ils ont enfin pensé à te payer !
Moi ( rires ) : Mais non ! 0n m`a offert une grande opportunité. Je vais pouvoir réaliser mon propre reportage. Pendant deux mois, je vais suivre un groupe de rock qui fait sensation et filmer leur quotidien.
Donna : Haaa mais c`est super ! Par contre, ça n`a pas l`air de te réjouir, toi.
Moi : Si, bien sur que si. C`est génial qu`on me fasse confiance. Il faut juste que ta soeur et ton beau frère soit d`accord pour que je m`envole jusqu`en Allemagne.
Donna : Ne t`inquiète pas. S`il le faut je torturerai tes parents pour qu`ils acceptent !
Moi ( rires ) : Merci c`est gentil ! J`espère que ça ira.



__Je jouais nerveusement avec mes doigts, tout en regardant dans le vide. Réaction typique d`angoisse chez moi.


Donna : Je ne crois pas que ce soit l`accord de tes parents qui te tracasse autant. Quand tu dis que tu espères que ça ira, tu parles de ta rencontre avec le groupe, n`est-ce pas ?



__Bingo. Ma tante a toujours eu l`art et la manière de tomber dans le mille. Elle savait cerner les gens. Ce qui était une de ses nombreuses qualités. Elle marchait à l`intuition. Et en ayant une excellente, cela ne posait pas beaucoup de problèmes pour elle. Je lui confiai donc tout. Mon histoire. Ce qu`il s`était passé il y avait déjà deux ans de cela. Ce pourquoi j`avais peur de les revoir. Disons qu`elle faisait office de confidente. Sans passer dans les détails, j`avais perdu ma meilleure amie deux mois auparavant. Disons que je n`apprécie pas trop me faire descendre d`une telle sorte, ni que l`on joue avec moi. Naïve et utopique, j`avais fini par arrêter de croire aux fabulations des gens. Ainsi qu`à celles, donc, de mon amie. Et Donna remplaçait un peu cette dernière pendant ma vie chez elle.


Donna : Je suis sure que tout ira bien. Dis toi que c`est comme une seconde chance. Tu vas les revoir, passer du temps avec eux ..
Moi : 0uai .. C`est vrai que je n`ai rien a perdre. Bon ! Je file appeler mes parents !
Donna : 0k ! Pendant ce temps là, je vais faire la cuisine ! C`est pas le tout mais le dîner ne va pas se faire tout seul !



__J`attrapai le combiné et composa le numéro du domicile parental. Après avoir parlé de tout et de rien avec ma mère, je fini par entamer le sujet propice au débat. Disons que pour annoncer tout cela, ma phrase fut très longue, prononcée très vite et tout cela sans reprise de respiration, s`il vous plaît. La réponse, quant à elle, fut très brève.


Maman : Non !
Moi : Non ?! Attend, où est l`erreur dans ce que j`ai dit ?
Maman : Tu crois sûrement que je vais te laisser aller en Allemagne seule ?!
Moi : Mais je ne serai pas seule ! David sera à l`arrivée et ..
Maman : David ?! C`est qui celui là ?
Moi : C`est le manageur du groupe.
Maman : 0ui et bien ce que moi je sais, c`est que je ne le connais pas !
Moi : Mais tu connais Helena !
Maman : Parce qu'elle sera là pendant tout ton séjour ?
Moi : ...
Maman : C`est bien ce que je pensais.
Moi : Ecoute. C`est une chance unique. Je comprends que tu sois angoissée. Mais tout va bien se passer. Et puis je suis bientôt majeure !



__Je me retrouvais à calmer ma mère alors que j'étais tout aussi stressée.


Maman : Tu as raison. Tu peux aller en Allemagne ..
Moi : C`est vrai ?!
Maman : .. quand tu auras 18 ans.
Moi : Tu crois sérieusement qu`ils vont attendre mes 18 ans pour me reproposer un autre stage et une autre promotion de ce genre ?!




Point de vue de Donna .



__J`étais arrivée au moment où Laïs avait commencé à élever la voix, attirée par cette colère momentanée. Je lui donnai le torchon et le verre que j`avais à la main en lui demandant de me passer le combiné. Pendant ce temps, elle partit furieuse dans la cuisine.


Moi : Bon, Elisabeth, qu`est ce qui ne va pas ? Ne me dis pas que ça te file un coup de vieux que ta fille voyage !
Elisabeth : Ne te mêle pas de ça ! J`ai pris ma décision et c`est non.
Moi : 0ui, la décision tu l`as prise toute seule sans personne encore une fois !
Elisabeth : Tu te crois bien placée pour me faire la morale ?! Au moins moi je me conduis en adulte responsable !
Moi : Si tu crois me toucher, tu te plantes ! Ta fille a une occasion unique de faire ce qu`elle aime. Elle va pouvoir observer la vie de ces jeunes, côtoyer des stars. Ce n`est pas parce qu`elle va en Allemagne qu`elle ne va pas revenir ! En plus, tu les connais ! Elle m`a dit que c`était les quatre garçons qu`elle avait rencontré à Berlin il y a deux ans.
Elisabeth : En plus ?!
Moi ( levant les yeux au ciel ) : Ne me dis pas que tu ne les aime pas !
Elisabeth : À la base, c`était juste un concert ! Est-ce que je pensais qu`elle allait les revoir ?! Ce n`est pas parce que ce sont des stars qu'il s`agit de bonnes fréquentations ! Et puis, tu verrais leur look ! Surtout l'autre là ! Tss ! Evidemment il a fallu qu'elle s'entiche de ce gothique !
Moi : Si j`ai déjà vu leur look ! Et ce n`est pas un gothique ! Juste parce qu`ils sont différents, tu vas les mépriser ?! Bonjour l`ouverture d`esprit !
Elisabeth : C`est pas ton problème, Donna ! Elle n`est pas en âge de s`aventurer là bas !
Moi : Non mais oh ! « S`aventurer » ! Elle ne va pas à Rio non plus ! C`est pour le bonheur de ta fille. Et son avenir en même temps !
Elisabeth : Tu ne me feras pas changer d`avis ! J`ai dit non, c`est non !
Moi : Mais ..



__Bip bip bip ! Elle avait raccroché. J`ai toujours haï l`autorité de ma soeur. Trop stricte. Voilà ce qu`elle était. Une espèce de névrosée, renfrognée dans ses convictions, et les revendiquant avec insolence, qui plus est. Elle avait beau aimé ma nièce, et moi, j`avais beau être de sa cher et de son sang, son attitude m`horripilait toujours autant.
Je rejoignis la cuisine où Laïs mettait la table. Je sentis son angoisse apparaître lorsqu`elle elle me vit.


Laïs : Alors ?
Moi : Hum .. Elle a dit que ..



__Comment lui dire. Que sa chance allait s`envoler. A cause du caractère trop égoïste de sa mère. Qu`en un instant, tout son avenir pouvait être remis en question à cause d`un simple mot, aussi conséquent fût-il. Qu`elle retournerait dans ces locaux, servir des cafés à des employés toujours mécontents. C`était impossible.


Moi : Elle a dit qu`elle était d`accord.


__Elle me sauta dans les bras. Je savais que ce que je faisais n`était pas correct mais cette chance ne se reproduirait pas deux fois dans le vie de ma nièce. Et puis cela la rendait si heureuse ! Je n`étais peut-être pas une adulte responsable mais j`aimais trop Laïs pour la priver d'une chance comme celle-ci. Je ne sais pas pourquoi mais je sentais qu'elle en avait besoin. Et mon intuition, aussi puérile qu`on le pensait, ne me faisait au grand jamais défaut.

# Posté le lundi 30 juillet 2007 14:40

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 11:18