Une chose est sûre, notre existence n`apparaît pas sous la forme d`un long chemin rectiligne et continu. Il se trouve bourré de petites départementales qui supplient le ciel de ne surtout pas être parallèles. Bien évidemment. Et c`est ainsi que, pauvres moutons que nous sommes, nous décidons d`entreprendre le long chemin périlleux se trouvant sous nos yeux. Assez surprenant soit-il, nous courons. Certainement pour ne pas en perdre une miette. La vie est beaucoup trop courte, paraît-il. Soit. Nous entamons une course effrénée vers les tas d`idées que nous projetons de mettre en œuvre. Parfois, courant si vite vers l`avant, nous nous octroyons des regards en arrière, nostalgie d`un passé éphémère. Et sans s`en rendre compte, nous cognons contre ce qui stagne à nos pieds, trop occupés à tourner la tête. Nous bousculons le présent, puisqu`il s`agit de la seule chose à laquelle nous ne pensons pas. Tout en prenant soin par la suite de ne plus tourner le regard, nous nous égarons dans nos songes, rêvant infiniment du ne devenir de notre vie. C`est alors qu`innocemment nous empruntons un discret virage, nous menant vers des contrées lointaines et inconnues. De surprises en surprises, c`est ainsi qu`on apprivoise ce nouveau chemin, totalement différent de nos idées premières. On s`accommode, puis on porte attention à la seule chose incapable de nous perdre : la patience.
Ou peut-être le destin .. que sais-je.
Août 2005, Allemagne.
__Je m`appelle Laïs. A l`heure où je vous parle, j`atteindrais mes 16 ans dans quelques mois. Gare de Berlin : c`est l`endroit où je me trouve. Je m`en vais. Je retourne chez moi, en France. Après plus d'un mois passé dans un hôtel assez luxueux. L`Allemagne n`est pas forcément le pays où j`aurais choisi d`y passer mes vacances d`été. Ne cherchez pas, il ne s`agit là que de mes propres préjugés saugrenus. Soit. Ma mère avait hérité, oh joie, d`une réduction sur ce séjour, grâce à son travail d`infirmière. Mais le sujet n`est pas là. Pendant donc un mois et demi, j`ai vécu dans un pays qui m`était totalement indifférent, dans un hôtel, certes joli, mais peuplé de touristes japonais ou chinois, je n`en sais trop rien. Et j`aurais pu passer un mois et demi seule ( hormis mes parents, bien entendu ) à observer le plafond de ma chambre, lecteur collé aux oreilles, et à me faire réprimander pour cause de « non sociabilité envers le monde extérieur ». J`aurais pu ..
__ Une surprise provenant de mes parents a fait que je me suis retrouvée un soir, dans une salle peuplée de jeunes allemandes en délire, devant un groupe qui apparemment, commençait à cartonner là-bas. Je pensais qu`il s`agissait là d`un de ces groupes qui n`allait pas passer l`été. Un batteur aux allures assez classiques, un bassiste aux airs de mâle viril, un guitariste au look de rappeur et un chanteur au style assez unique. Passés mes idéaux de ce qu`était un « vrai » groupe à mes yeux, je me surpris à apprécier leur musique, leurs chansons, puis leurs textes. Ils étaient différents de ce que j`avais pu penser. Une musique au style rock, des paroles percutantes .. Je n`avais pas passé une si mauvaise soirée que cela, finalement. J`avais même dû monter sur scène pour accompagner le chanteur sur un air assez accrocheur. « Shreï » : à force de crier ce mot à chaque refrain, on finit par tilter le titre de la chanson.
__ C`est donc après cette soirée que tout avait commencé. J`avais découvert le lendemain que les quatre membres logeaient dans le même hôtel que moi. Et par un concours de circonstances ( je vous épargne les détails de la bousculade et du malencontreux renversement de jus d`orange sur le guitariste ), je me suis retrouvée à faire la connaissance de Tom, Georg, Bill et Gustav. Et nous nous sommes revu. Une, puis deux, puis des tonnes de fois. En quelques semaines, une complicité était née. Nous passions énormément de temps ensemble, à discuter, à rire de nos blagues de gosses, de nos batailles de nourriture ou autres substances existantes. Mais le temps s`écoule trop vite à mon goût. Après tout ce que j`avais vécu, j`étais arrivée au jour que je redoutais le plus. Celui des adieux. J`avais toujours haï ça. Mon dernier adieu remonte à bien loin. Je n`étais encore qu'une enfant. Une enfant qui avait besoin de « lui ». Mais quand on tourne mal, on finit par en payer les conséquences. Et depuis ce dernier adieu à une personne qui m`était chère, j'ai l`habitude de fuir tous les autres. Un simple mot posé sur la table de chevet de la chambre de Bill était suffisant. Même si je m`étais trouvée ridicule sur le coup, j`avais tout de même osé y mettre mes coordonnées. Aucune conséquence, sinon celle qu`il s`en serve.
__ Et à présent j`étais là. A attendre que mon train entre en gare. Jamais je ne m`étais sentie aussi attristée de devoir quitter les connaissances que j`avais faites pendant ces vacances. Plus qu`un quart d'heure et ce fichu train transformerait mon séjour en un vulgaire souvenir. Des bribes de moments passés, comme on s`y remémore avec nostalgie aux côté de ceux l`ayant vécu également. Cependant, il s`agissait là de pensées que j`allait évoquer seule à partir de maintenant. Sans personne pour sourire avec moi, rire à mes dépends, caresser l`idée d`un prochain séjour aussi inoubliable que celui ci. Foutues vacances, aussi belles soit-elles.
A présent, je devais monter dans le wagon ..
... : Laïs ! Attend !
__ Il était là. A quelques mètres de moi, essoufflé. Celui avec qui je m`étais sentie bien dès le premier jour où son regard profond s`était posé sur moi. Les autres pensaient à une relation assez ambiguë. Pour moi tout était simple quand je me retrouvais avec lui. Bill. Cela me faisait un bien fou de le voir. Même si c`était pour la dernière fois. Tiraillement imperceptible. En y repensant, ma gorge se serra. Et ma voix trembla.
Moi : Je serais toi je rentrerais à l'hôtel avant de me faire harcelé par une horde de fans.
__ Il s`était approché. Et maintenant nous étions là, face à face, à se regarder dans le blanc des yeux.
Bill: Tu croyais que j`allais te laisser partir sans un « au revoir » ? Tom t`a vu t`en aller.
Moi : Tu .. tu étais sous la douche, et la porte était mal fermée alors je ..
Bill: : Alors quoi ? T`as pas pensé que c`était facile de sortir de la salle de bain même en plein milieu d`une douche ?
__ Mon rire se fût crispé. Je savais tout cela. Mais ne pas les revoir avant de partir était sûrement la meilleure solution. La plus lâche aussi. C`était dur. Dur d`essayer de sourire à ce moment précis.
Moi : Promet-moi .. Promet-moi de garder les pieds sur terre. De rester le petit con que tu es même si votre groupe finit par avoir le monde à ses pieds.
__ Peut-être que mes larmes n`auraient pas coulé si il ne m`avait pas prise dans ses bras. Peut-être ..
Bill: : Je te le promets, Laïs. Je te le promets.
__ C`était l`heure. Bill m'embrassa sur le front. Sans réfléchir je lui répondis en l`embrassant à mon tour. Juste au coin des lèvres. Puis je m`éloignai .. de plus en plus, lui murmurant un dernier « adieu » , juste avant d`entrer dans le train .
__ Peut-être allais-je avoir de leurs nouvelles. Peut-être allaient-ils m'oublier. C`était donc à cet instant précis que mes vacances prenaient fin. Et que de nouveaux désirs naissaient.
Une ville.
Un hôtel.
Un concert.
Une rencontre.
Le début d`une histoire.
Une fille.
Quatre garçons.
Une rêveuse.
Un chanteur.
Des rires.
Des discussions.
Des gamineries.
De la joie.
Une française.
Quatre allemands.
Une française.
Quatre souvenirs ..
_
Une petite chose, avant de continuer .
Perdre votre temps de la sorte, ô pauvre rageux ( 8D ) me blase à un point ..
Ceci est une fiction, qui aurait très bien pu ne pas être en rapport avec TokioHotel, alors sérieusement trouver un autre prétexte pour m' emmerder .
De plus, je crois bien qu'à maintenant 18 ans, je ne suis plus apte à ' mouiller ' devant un groupe, n' importe lequel . Mais si en contrepartie, me poster vos commentaires de cassos vous fait bander, continuez ; je prends ça pour un compliment .
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